La CGT a pris connaissance du projet d’évolution du Plan d’Épargne Entreprise dans le cadre de l’opération d’actionnariat salarié « Shares To Win 2026 ».
Comme chaque année, la direction présente ce dispositif comme une opportunité de partage de la valeur, permettant aux salariés de devenir actionnaires de leur entreprise grâce à une décote de 20 % sur le prix de l’action et à un abondement pouvant atteindre 1 200 euros bruts.
La CGT souhaite rappeler plusieurs éléments de fond. Les salariés créent déjà la richesse de l’entreprise
La première forme de participation des salariés aux résultats de Stellantis, c’est leur travail quotidien.
Ce sont les salariés qui conçoivent, fabriquent, vendent, entretiennent et développent les véhicules et les services du groupe. Or, depuis plusieurs années, les salariés sont confrontés à :
- des réductions d'effectifs,
- une intensification du travail,
- des réorganisations permanentes,
- une pression accrue sur les coûts,
- une stagnation du pouvoir d'achat pour une grande partie d'entre eux.
Dans le même temps, Stellantis continue de distribuer plusieurs milliards d'euros aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d'actions. Pour la CGT, le véritable partage de la valeur doit d'abord passer par :
- l'augmentation des salaires,
- la reconnaissance des qualifications,
- l'amélioration des conditions de travail,
- des embauches pérennes,
- le maintien et le développement de l'emploi industriel.
L’actionnariat salarié ne doit pas se substituer au salaire
La CGT rappelle un principe fondamental :
L'actionnariat salarié ne remplace ni le salaire ni les augmentations générales de salaire.
Un salarié ne paie pas son loyer, son alimentation ou son énergie avec des actions bloquées pendant cinq ans. Les salaires constituent un revenu garanti.
L'actionnariat salarié demeure un placement financier soumis aux fluctuations des marchés.
La direction elle-même reconnaît que l'investissement n'est pas garanti et qu'il existe un risque de perte en capital.
Un dispositif qui comporte des risques
La CGT ne conteste pas que le dispositif proposé présente des avantages :
- une décote de 20 % sur le prix de souscription ;
- un abondement pouvant atteindre 1 200 euros ;
- le bénéfice éventuel des dividendes ;
- un effet amortisseur en cas de baisse modérée du cours de l'action.
Mais ces avantages ne doivent pas masquer plusieurs réalités :
- l'épargne est bloquée jusqu'au 1er juin 2031 sauf cas de déblocage anticipé,
- l'investissement reste concentré sur une seule entreprise,
- les salariés supportent une partie du risque financier lié aux évolutions du marché automobile et de la bourse.
La CGT considère qu'il appartient à chaque salarié de décider librement s'il souhaite participer ou non à cette opération. Aucune pression directe ou indirecte ne doit être exercée pour inciter les salariés à souscrire.
Une contradiction entre les efforts demandés aux salariés et les sommes consacrées à l’actionnariat
La direction prévoit une enveloppe pouvant atteindre 50 millions d'euros au titre de la décote et de l'abondement dans le cadre de cette opération.
La CGT pose donc des questions simples :
- Pourquoi l'entreprise trouve-t-elle des dizaines de millions d'euros pour soutenir l'actionnariat salarié, mais refuse régulièrement de répondre aux revendications portant sur les augmentations générales de salaire ?
- Pourquoi les gains de productivité réalisés par les salariés sont-ils davantage orientés vers la rémunération du capital que vers la rémunération du travail ?
La CGT défend une autre conception du partage de la valeur
Pour la CGT, le partage de la valeur ne doit pas dépendre des fluctuations boursières. Il doit reposer sur des droits collectifs et garantis. C'est pourquoi nous revendiquons :
- des augmentations générales de salaire pour tous ;
- une meilleure reconnaissance des qualifications ;
- l'amélioration de l'intéressement et de la participation ;
- la suppression des écarts excessifs de rémunération ;
- un partage plus équitable des richesses créées par les salariés.


