Une fois encore, la direction nous présente le bilan du DAEC comme un dispositif d'accompagnement des salariés, d'évolution des compétences et d'adaptation des emplois aux transformations de l'entreprise.
La réalité est pourtant tout autre.
Depuis plusieurs années, la CGT dénonce une politique qui consiste avant tout à réduire les effectifs permanents du site, tout en maintenant un recours massif à l'intérim pour assurer l'activité normale de l'entreprise.
Le bilan qui nous est présenté aujourd'hui ne fait malheureusement que confirmer cette stratégie.
Entre le 22 septembre 2025 et le 30 avril 2026, 155 salariés du site de Sochaux ont adhéré aux différentes mesures du DAEC, dont 95 salariés de MPSX
Parmi ces départs, les mesures les plus utilisées restent une nouvelle fois le congé sénior, avec 61 adhésions, et le congé de mobilité, avec 67 départs.
Derrière ces chiffres se cachent autant de compétences, d'expériences, de savoir-faire industriels et de mémoire de l'entreprise qui quittent définitivement le site.
- Pour la direction, ces départs seraient la traduction d'une gestion prévisionnelle des emplois.
- Pour la CGT, ils traduisent surtout une politique permanente de réduction des effectifs.
Et ce constat est d'autant plus inquiétant que les documents présentés lors de la consultation sur la politique sociale montrent que les effectifs permanents continuent de diminuer alors même que l'entreprise maintient en moyenne plus de 1 000 salariés intérimaires chaque mois pour assurer sa production.
Autrement dit, on organise les départs de salariés expérimentés pendant que l'on continue à faire fonctionner durablement l'usine avec des salariés précaires.
Cette contradiction illustre parfaitement la stratégie actuelle de Stellantis.
Pendant que les salariés quittent l'entreprise :
- les charges de travail continuent d'augmenter ;
- les réorganisations se succèdent ;
- les polyvalences se multiplient ;
- les équipes restent en sous-effectif dans de nombreux secteurs ;
- les difficultés de remplacement deviennent quotidiennes ;
- les restrictions médicales augmentent ;
- les salariés vieillissent sans que les embauches nécessaires soient réalisées.
Les élus CGT rappellent que le bilan social présenté ce même jour démontre que plus de 80 % des salariés du site ont désormais plus de 45 ans.
Dans le même temps, le nombre de salariés reconnus en situation de handicap continue d'augmenter, les restrictions médicales concernent une part importante des salariés de production et les inaptitudes progressent.
- Comment la direction peut-elle affirmer préparer l'avenir de Sochaux tout en poursuivant une politique qui organise chaque année la diminution des effectifs permanents ?
- Comment transmettre les compétences industrielles lorsque ceux qui les détiennent quittent progressivement l'entreprise sans être systématiquement remplacés ?
- Comment prétendre améliorer les conditions de travail lorsque les départs se traduisent par une augmentation de la charge de travail pour les salariés qui restent ?
La direction met en avant les recrutements réalisés.
Les élus CGT constatent que 276 recrutements ont été réalisés en 2025 sur le site, mais une grande partie correspond à des transferts ou à l'alternance, les embauches directes en CDI restant limitées.
Du 1er janvier au 30 avril 2026, 67 recrutements seulement sont recensés, dont essentiellement des CDI ciblés.
Ces recrutements demeurent insuffisants au regard des départs organisés dans le cadre du DAEC et des besoins réels du site.
La CGT tient néanmoins à rappeler qu'elle ne s'est jamais opposée aux dispositifs permettant aux salariés âgés de partir dans des conditions dignes, notamment dans le cadre du congé sénior.
Au contraire.
Nous considérons qu'après une carrière souvent marquée par la pénibilité, beaucoup de salariés aspirent légitimement à pouvoir terminer leur parcours professionnel dans de bonnes conditions.
En revanche, la CGT refuse que ces départs servent de prétexte à supprimer définitivement les emplois concernés.
- Chaque départ devrait être remplacé par une embauche en CDI.
- Chaque départ devrait permettre la transmission des compétences.
Or, c'est exactement l'inverse qui est organisé aujourd'hui.
Le DAEC ne peut devenir un outil permanent de réduction des effectifs.
L'avenir industriel de Sochaux ne se construira pas avec toujours moins de salariés permanents.
Il se construira par l'emploi, l'investissement industriel, la formation, la transmission des savoir-faire, l'amélioration des conditions de travail et une véritable politique d'embauches.
C'est pourquoi les élus CGT revendiquent :
- Un plan d'embauches massives en CDI sur le site de Sochaux / Belchamp,
- L'embauche de l'ensemble des intérimaires qui le souhaitent,
- Le remplacement systématique de chaque départ par une embauche pérenne,
- La préservation et la transmission des savoir-faire industriels,
- Le maintien et le développement des activités industrielles sur le site,
- L'amélioration des conditions de travail et la réduction des charges de travail,
- Une véritable politique industrielle permettant d'assurer l'avenir de Sochaux.
Pour la CGT, l'avenir du site de Sochaux ne passe pas par des plans de départs permanents.
Il passe par l'emploi, l'investissement, la formation, la transmission des compétences et une véritable politique sociale humaine et non des exigences financières des actionnaires.
C'est pourquoi les élus CGT émettront un avis défavorable sur le bilan des mesures de Ruptures Conventionnelles Collectives mises en œuvre dans le cadre du DAEC.


