CSE ordinaire du 30 juin 2026 Déclaration CGT Stellantis Sochaux portant sur le Rapport d'activité 2025 du Service de Prévention et de Santé au Travail Autonome



Les élus CGT prennent acte de la présentation du rapport d'activité 2025 du Service de Prévention et Santé au Travail Autonome de Sochaux et Belchamp.

Avant toute chose, nous tenons à saluer le professionnalisme et l'engagement quotidien des médecins, infirmières et de l'ensemble du personnel médical qui assurent leurs missions dans un contexte particulièrement difficile, marqué par des effectifs contraints, des transformations industrielles permanentes et une dégradation continue des conditions de travail.

Mais ce rapport met également en lumière plusieurs constats préoccupants qui interpellent directement la direction.

Tout d'abord, le service médical a suivi en 2025 pas moins de 8 309 salariés, dont plus de 2 150 intérimaires.

Ces chiffres traduisent une nouvelle fois le recours massif à la précarité sur le site de Sochaux. Derrière ces statistiques se cachent des salariés qui enchaînent les contrats, des parcours professionnels fragilisés et une charge supplémentaire pour les équipes médicales qui doivent assurer un suivi permanent d'une population en renouvellement constant.

Parallèlement, le service médical a été confronté au départ en retraite du docteur Receveur ainsi que d'une infirmière expérimentée.

Même si des recrutements ont été engagés, la CGT s'interroge sur la pérennité de l'organisation mise en place et sur la capacité du service à maintenir dans la durée un suivi de qualité pour l'ensemble des salariés.

Le rapport met également en évidence une réalité que la CGT dénonce depuis de nombreuses années : la dégradation persistante des conditions de travail.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes :

  1. 2 668 salariés exposés aux troubles musculo-squelettiques et au travail répétitif ;
  2. 972 salariés exposés au bruit ;
  3. 386 salariés exposés aux vibrations ;
  4. 171 salariés exposés au formaldéhyde ;
  5. 93 salariés exposés aux fumées de soudage ;
  6. 614 salariés bénéficiant d'un suivi adapté lié à une situation de handicap.

Ces chiffres ne sont pas des données administratives abstraites. Ils traduisent des réalités humaines : douleurs chroniques, restrictions médicales, usure physique, difficultés de maintien dans l'emploi et parfois perte définitive de la capacité à occuper un poste.

Le rapport souligne d'ailleurs que les exigences physiques deviennent désormais la première famille de restrictions médicales dans la majorité des secteurs.

Les médecins alertent également sur les conséquences du vieillissement de la population salariée et sur les difficultés croissantes de reclassement, notamment dans les nouvelles installations industrielles.

Pour la CGT, cette situation est directement liée à l'intensification du travail, à la réduction des effectifs, à l'allongement des carrières imposé par les réformes successives des retraites et à l'absence de véritables politiques de prévention primaire.

Nous constatons également une hausse importante des visites à la demande, qu'elles soient sollicitées par les salariés, les médecins du travail ou l'employeur.

Cette augmentation est révélatrice d'un malaise grandissant dans les ateliers et les services.

Elle traduit des situations de souffrance au travail, des difficultés organisationnelles, des problématiques de maintien dans l'emploi, des inquiétudes sur l'avenir industriel et des pressions de plus en plus fortes exercées sur les salariés.

Autre sujet d'inquiétude : le taux d'absentéisme aux visites médicales atteint 35 %. La direction ne peut pas se contenter de constater ce chiffre. Elle doit en analyser les causes réelles : difficultés à quitter les postes, contraintes de production, manque d'information, pression hiérarchique ou organisation défaillante.

La CGT souhaite également revenir sur la question de l'accès aux soins d'urgence. Comme les années précédentes, le service médical n'est ouvert que sur une partie des plages horaires de travail. Les équipes de nuit, les salariés en doublage ou travaillant en horaires atypiques ne bénéficient pas de la présence permanente d'un personnel médical.

Les événements récents démontrent pourtant que les accidents graves peuvent survenir à n'importe quel moment. La CGT continue donc de considérer que l'organisation actuelle atteint ses limites et qu'une réflexion sérieuse doit être engagée afin de garantir une prise en charge adaptée pour l'ensemble des salariés du site.

Le rapport met également en avant les nouveaux risques liés aux activités batteries, aux risques chimiques émergents, aux risques électriques et aux phénomènes d'emballement thermique.

Ces évolutions industrielles nécessitent des moyens supplémentaires, des formations renforcées et une politique ambitieuse de prévention en amont.

Enfin, la CGT partage pleinement les observations générales formulées dans ce rapport concernant la nécessité de renforcer les compétences en ergonomie et en psychologie du travail.

Face à la montée des TMS, des restrictions médicales, des risques psychosociaux et des problématiques de maintien dans l'emploi, il est indispensable de renforcer les moyens consacrés à la prévention.

Pour la CGT, la santé au travail ne peut pas être réduite à une simple gestion administrative de l'aptitude. Elle doit redevenir un véritable outil de prévention, d'amélioration des conditions de travail et de protection des salariés.

Cela passe notamment par :

  • des embauches pérennes sur l'ensemble du site,
  • la réduction du recours à l'intérim,
  • l'amélioration des conditions de travail,
  • la diminution des cadences et des charges de travail,
  • une véritable politique de prévention des TMS et des risques psychosociaux,
  • des moyens humains renforcés pour le service médical,
  • une meilleure prise en compte des alertes des salariés et des représentants du personnel,
  • le maintien dans l'emploi des salariés présentant des restrictions médicales.

La santé des salariés n'est pas une variable d'ajustement économique. Elle constitue une obligation légale pour l'employeur et un droit fondamental pour chaque salarié.

La CGT restera particulièrement vigilante sur ces sujets et continuera à porter les revendications des salariés pour que leur santé soit enfin placée au centre des décisions de l'entreprise.


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