Avant d'aborder l'ordre du jour de cette réunion ordinaire de CSEC, les élus CGT souhaitent intervenir sur plusieurs décisions stratégiques qui concernent directement les sites de Poissy, Rennes et Vesoul.
Sur le site de Poissy, les orientations stratégiques choisies par Stellantis demeurent inacceptables. L'arrêt définitif de la production automobile organise la disparition progressive de l'activité industrielle et entraîne une destruction d'emplois pour les salariés Stellantis comme pour l'ensemble du tissu de sous-traitance. Depuis des années, les salariés ont fait les efforts demandés. Aujourd'hui, aucune activité annoncée ne garantit le maintien de l'emploi ni un avenir durable pour le site. Pour la CGT, Poissy dispose toujours des moyens financiers, des compétences et des infrastructures nécessaires pour accueillir la production d'un nouveau véhicule. Nous continuons à dénoncer une stratégie qui organise la réduction des effectifs plutôt que le développement industriel.
Sur le site de Rennes, la direction présente aujourd'hui les contours du projet de coentreprise avec Dongfeng pour l'assemblage des véhicules Voyah. Si l'arrivée d'un nouveau véhicule peut constituer une perspective de charge de travail, elle ne saurait servir de prétexte à une remise en cause du statut social des salariés ou à une aggravation de la précarité. La CGT refuse que l'avenir industriel du site soit construit sur le transfert des contrats de travail, la remise en cause des accords collectifs du groupe ou le maintien d'un recours massif à l'intérim. Nous exigeons que les salariés actuels et futurs bénéficient des mêmes garanties sociales, des mêmes droits et des mêmes protections que l'ensemble des salariés Stellantis.
Sur le site de Vesoul, le transfert de l'activité assemblage moteur vers Poissy représente un véritable choc social. Ce sont 190 emplois supprimés sur le site et plusieurs centaines d'emplois indirects menacés sur le bassin d'emploi. Derrière ces chiffres, il y a des salariés qui voient leur avenir remis en cause, des reclassements imposés, des changements d'horaires, des pertes de rémunération et une dégradation des conditions de travail. Les salariés ont déjà connu les restructurations successives, les transferts d'activités et les promesses d'avenir qui n'ont jamais été tenues. Aujourd'hui encore, ils en paient le prix.
Pour la CGT, ces trois situations ont un point commun : la mise en concurrence permanente des salariés et des sites industriels.
Hier, on opposait les salariés français à ceux d'autres pays. Aujourd'hui, on oppose les salariés de Poissy à ceux de Vesoul, ceux de Rennes à ceux d'autres sites du groupe. Cette logique est inacceptable.
La CGT refuse que l'emploi industriel soit géré comme une variable d'ajustement au gré des restructurations, des coentreprises ou des arbitrages financiers.
Nous refusons également que les représentants du personnel soient placés devant le fait accompli alors que les conséquences sociales, économiques et industrielles de ces décisions sont majeures.
C'est pourquoi nous demandons que toute la transparence soit faite sur les conséquences réelles de ces projets en matière d'emplois, de conditions de travail, d'organisation industrielle et de pérennité des activités.
La CGT continuera d'utiliser tous les moyens syndicaux, juridiques et économiques à sa disposition pour défendre les salariés, les emplois, les sites industriels et l'avenir de nos territoires.


