À l’occasion de la rencontre d’Antonio Filosa avec les organisations syndicales sur le site Stellantis de Sochaux, la CGT a interpellé la direction sur l’avenir de l’emploi industriel, la pérennité des sites et la fin de la précarité, dans un contexte marqué par des fermetures, des transferts d’activités et des milliers de suppressions d’emplois dans le groupe.
Une stratégie européenne alarmiste
Antonio Filosa a centré ses réponses sur une analyse globale de la situation industrielle européenne, affirmant que « l’industrie est en train de sombrer », évoquant une baisse importante des volumes et estimant que « le changement est urgent ».
Pour la CGT, ce discours sert avant tout à justifier des choix stratégiques déjà engagés, dont les salariés font les frais.
Sochaux aurait “de l’avenir”… mais sans emplois
Concernant le site de Sochaux–Belchamp, Antonio Filosa affirme que le site aurait de l’avenir avec les investissements déjà en court notamment.
Mais dans le même temps, la direction explique que plus d’emplois suppose plus de volumes, et que le contexte européen actuel ne le permet pas, bien au contraire.
Pour la CGT, un site qui aurait de l’avenir sans emplois pérennes n’est pas une perspective acceptable.
Une réponse déléguée à la CGT : un signal politique clair
À la question portée par la CGT, Antonio Filosa a choisi de passer directement le micro à M. Chéreau, Mr Filosa ne prenant la parole qu’après insistance.
Ce choix traduit clairement la considération réelle accordée à la CGT, seule organisation à défendre sans compromis les intérêts des travailleurs. Nous n’en attendions pas moins.
Poissy : des paroles déjà vues
M. Chéreau affirme que le site de Poissy ne fermera pas.
La CGT rappelle qu’un transfert d’activité ne présage jamais rien de bon pour les salariés, et que l’exemple d’Hérimoncourt est encore dans toutes les mémoires : promesses hier, suppressions d’emplois aujourd’hui.
1400 emplois annoncés : très loin du compte
La direction annonce 1400 emplois à l’échelle du groupe, répartis entre ouvriers et R&D.
Pour la CGT, cette annonce est largement insuffisante, au regard des milliers d’emplois supprimés ces dernières années sur l’ensemble du groupe Stellantis. Cela ne compense en rien la casse sociale en cours.
Sur les “trop nombreux sites en Europe”
Antonio Filosa nie avoir déclaré qu’il y aurait trop de sites de production en Europe.
Pourtant, les actes parlent plus fort que les mots : fermetures, transferts, baisse des effectifs et précarisation généralisée confirment une stratégie de repli industriel.
La CGT refuse un avenir industriel fondé sur :
- la baisse des volumes,
- la suppression d’emplois,
- la précarité,
- et la mise en concurrence des sites et des salariés.
Nous revendiquons :
- Des embauches en CDI immédiates, notamment pour les intérimaires
- Des effectifs suffisants pour réduire les cadences et préserver la santé
- Zéro fermeture, zéro transfert destructeur d’emplois
- Une véritable stratégie industrielle européenne, au service des salariés et des territoires
Enfin, nous avons pu poser une question supplémentaire, la CGT a interpellé Antonio Filosa sur les bas salaires et l’urgence d’y répondre par de véritables augmentations générales, seules à même de garantir du pouvoir d’achat pour tous les salariés. La CGT revendique des augmentations générales d’au moins 400 euros nets, à la hauteur des profits du groupe et des efforts exigés des travailleurs.
En réponse, Antonio Filosa s’est contenté d’indiquer qu’il « prenait note de la question », sans aucun engagement concret.


