Nous prenons acte de la tenue de cette CSSCT Centrale extraordinaire, que la CGT réclamait depuis plusieurs semaines afin de tirer collectivement les enseignements de l'épisode caniculaire exceptionnel du mois de juin.
Dans sa réponse à notre courrier du 29 juin, la Direction affirme que Stellantis dispose depuis plusieurs années d'un plan de prévention des risques liés aux fortes chaleurs et que de nombreuses mesures ont été déployées sur les différents établissements.
La CGT ne conteste pas que certaines actions aient été mises en œuvre. Nous savons que des adaptations d'horaires, des distributions d'eau, des ventilateurs, des espaces rafraîchis ou encore des pauses supplémentaires ont été instaurés sur plusieurs sites.
En revanche, nous contestons leur efficacité, leur anticipation et surtout leur caractère suffisant au regard de ce qu'ont réellement vécu les salariés sur le terrain.
Les nombreux signalements remontés des établissements, les alertes des élus, les procédures de Danger Grave et Imminent déclenchées sur plusieurs sites, ainsi que les nombreux malaises recensés démontrent que les dispositifs existants n'ont pas permis de garantir partout un niveau de protection satisfaisant.
Si le plan actuel était pleinement adapté, nous ne serions pas réunis aujourd'hui en CSSCT Centrale extraordinaire.
La réalité est que beaucoup de mesures ont été prises après les premières alertes, parfois plusieurs jours après le début de l'épisode caniculaire.
Dans plusieurs établissements, les salariés ont continué à travailler dans des bâtiments transformés en véritables fours. Les remontées du terrain sont nombreuses : locaux insuffisamment rafraîchis, bâtiments mal isolés, moyens de refroidissement limités, accès parfois difficile à une eau suffisamment fraîche, protections insuffisantes pour les salariés travaillant à l'extérieur, maintien de cadences incompatibles avec les conditions climatiques, ou encore pauses compensées par des périodes de flexibilité.
Cette situation démontre que les réponses apportées restent encore essentiellement réactives alors que les épisodes de fortes chaleurs deviennent désormais récurrents.
La prévention ne peut plus reposer uniquement sur des mesures décidées dans l'urgence lorsque les températures explosent.
Les épisodes de canicule ne sont plus exceptionnels. Ils sont appelés à se multiplier sous l'effet du changement climatique. Il est donc indispensable que Stellantis passe d'une logique de gestion de crise à une véritable politique de prévention permanente.
La CGT revendique désormais un véritable Plan Canicule Groupe reposant sur les mesures suivantes :
- L'ouverture immédiate de négociations centrales afin de conclure un accord Groupe "Plan Canicule", opposable et applicable à l'ensemble des établissements Stellantis.
- La mise en place d'un dispositif de chômage intempéries, financé à 100 % par l'employeur, lorsque les seuils critiques de température sont atteints (28°C pour les travaux physiques et 30°C pour les autres activités), sans perte de salaire pour les CDI, CDD et intérimaires.
- Une mesure objective, fiable et transparente des températures dans tous les ateliers, bureaux, plateformes logistiques et postes extérieurs, avec communication des résultats aux représentants du personnel.
- Une véritable adaptation de l'organisation du travail comprenant :
- la réduction du temps de travail lorsque les températures deviennent dangereuses ;
- la diminution des cadences et de la charge de travail ;
- des pauses de récupération obligatoires et rémunérées ;
- l'adaptation des horaires afin d'éviter les périodes les plus chaudes.
- Des investissements massifs et durables dans : l'isolation thermique des bâtiments et l'installation de systèmes de rafraîchissement réellement efficaces ;
- la création de zones de récupération climatisées accessibles à tous les salariés ;
- la protection des postes extérieurs par des ombrières et des équipements adaptés.
- Le renforcement durable des moyens de rafraîchissement dans les secteurs les plus exposés.
- Un accès permanent, libre et sans restriction à une eau potable fraîche pour tous les salariés, sans autorisation hiérarchique, accompagné de moyens de distribution adaptés.
- L'adaptation des équipements de protection individuelle avec des vêtements de travail plus légers et respirants fournis intégralement par l'employeur.
- L'application systématique des recommandations de l'INRS : limitation des efforts physiques, augmentation des pauses, adaptation des horaires, mise à disposition de zones rafraîchies et surveillance renforcée des salariés exposés.
- L'association obligatoire des CSSCT, des élus du personnel et des organisations syndicales à l'élaboration, au suivi et à l'évaluation des plans de prévention.
Cette réunion ne doit pas se limiter à un simple retour d'expérience.
La Direction indique vouloir tirer les enseignements de la canicule de juin 2026. La CGT attend désormais des décisions concrètes, des investissements identifiés, un calendrier précis et des engagements mesurables avant les prochains épisodes de fortes chaleurs.
Le Groupe Stellantis dispose des moyens financiers nécessaires pour protéger durablement la santé de ses salariés.
Les salariés ne doivent plus subir les conséquences de bâtiments inadaptés, d'organisations du travail qui privilégient la production au détriment de la santé ou de mesures provisoires mises en œuvre dans l'urgence. La santé n'est pas une variable d'ajustement.
Aucun objectif de production, aucun indicateur de performance, aucun impératif économique ne justifiera jamais de mettre en danger la santé des salariés.
La prévention des risques liés à la chaleur doit désormais devenir une règle permanente sur l'ensemble des sites du Groupe Stellantis et non une succession de mesures improvisées à chaque épisode caniculaire.
La CGT sera particulièrement vigilante à ce que cette CSSCT Centrale débouche sur des engagements concrets et sur l'ouverture rapide de négociations nationales pour construire un véritable Plan Canicule Groupe garantissant à chaque salarié le droit de travailler dans